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RWANDA, femmes meurtries, femmes debouts.
 
Michèle Berset et Josepha Kagame
 
Dans le cadre de “La veille des femmes”, les veilleuses du 27 au 28 novembre 2004, Michèle Berset et Josepha Kagame, vous invitent à découvrir et à partager un espace de solidarité avec nos consœurs du Rwanda: dix ans après le génocide des Tutsis et ses conséquences, quelle est la place des Rwandaises dans la reconstruction d'elles-mêmes et de leur pays?

Programme des présentations et des interventions

13h30 à 15h00 : Annick Kayitesi
Dix ans après l’indiscible, Annick a réussi à nous transmettre un véritable hymne à la joie dans son livre « Nous existons encore »
“J’avais 14 ans et j’ai vu ma mère se faire tuer, j’ai vu ma soeur, mon petit frère et mes cousines se faire embarquer dans un camion qui les a amenés aux fosses communes. Seule ma soeur Aline en est revenue vivante. J’étais persuadée alors que notre mort n’était possible que parce que le monde ignorait ce qui nous arrivait. Mais en arrivant en France en août 1994, j’ai vu sur les télévisions françaises les images des personnes pas encore mortes tapissant les rues de Kigali. J’ai alors compris que la terre entière avait assisté à notre mise à mort sans bouger …

La désinformation occidentale
Le problème majeur de la désinformation qui entoure le génocide Tutsi est le négationnisme, grande spécificité du traitement de l’information autour du génocide Tutsi: il y a eu un révisionnisme en direct. Alors que le génocide juif a fait l’objet d’un travail négationniste trente ans après les faits, le génocide Tutsi a été nié alors même qu’il se produisait. Ce négationnisme passe encore par les mots, le refus de nommer « la chose ». Parler de génocide en 1994 aux Nations Unies les obligeait à intervenir, de même, parler de génocide Tutsi aujourd'hui, oblige à séparer les victimes des bourreaux et donc à rendre justice. Ce flou qui en permanence accompagnait le génocide des Tutsis au Rwanda est en majeure partie la principale cause de l’incompréhension qui entoure encore aujourd’hui le génocide Tutsi dans de nombreux pays occidentaux.

15h00 à 15h30 : Le projet « Jardin de la Mémoire »
Le processus même de la remémoration, du “ parler ” des choses vécues et survécues, de l’extériorisation des douleurs, pourrait contribuer, au Rwanda, au deuil, à une guérison. Le fait de pouvoir parler, d’extérioriser ou d'agir soi-même sur une zone de douleur est une étape importante dans son soulagement. La présence de gens venus d’autres pays, participant à la réalisation du Jardin, est aussi une manière très importante de sortir la douleur du ghetto que constituent l’individu et le pays. La présence du Jardin comme mémorial marquera le refus d’un enfouissement du génocide dans l’inconscient. Il sera la preuve “ vivante ” des événements de 1994.

Dès 16h00 : Esther Mujawayo

Rescapée du génocide, Esther raconte son parcours dans son fort et impressionnant livre « SurVivantes », couronné par le prix Ahmadou Kourouma 2004, décerné par le Salon international du livre et de la presse de Genève.

Les victimes, doublement victimes
Infectées délibérément du VIH par leurs tortionnaires, des milliers de femmes Tutsis, rescapées du Génocide de 94, condamnées à vivre avec cette mort lente inoculée, elles décident de se lever et de se battre au sein d'Avega, l'Association des veuves du Génocide.
Cependant le combat n'est pas facile, beaucoup meurent faute de médicaments pendant qu'au Tribunal Pénal International d'Arusha, leurs bourreaux-violeurs reçoivent les meilleures trithérapies.

Quelques associations (Goboka, Abishema, Avega, etc ...) seront représentées et vous proposeront divers articles (cartes, artisanat, etc …) pour soutenir leur action. D’autres animations (chants, vidéos, etc …) sont envisagées.

Nous espérons vivement que vous serez nombreux-ses à répondre à notre invitation, démontrant que la solidarité n’est pas un vain mot, mais bien plutôt un état d’esprit essentiel.

Michèle et Josepha